
La réforme du chômage en Belgique est entrée en vigueur le 1er mars 2026 pour les nouvelles admissions. Elle limite en règle générale les allocations de chômage complet à 24 mois maximum : 12 mois de base, auxquels peuvent s’ajouter jusqu’à 12 mois selon le passé professionnel. Les personnes déjà indemnisées avant cette date relèvent de mesures transitoires, par vagues. Certaines exceptions existent et un arrêt de la Cour constitutionnelle du 10 septembre 2026 a corrigé une partie de la transition. La date qui vous concerne dépend de votre dossier : vérifiez la lettre de l’ONEM et votre situation auprès de votre organisme de paiement.
En bref : ne déduisez pas votre date de fin à partir d’une règle générale ou d’un article de presse. Votre notification personnelle et les feuilles d’information de l’ONEM sont les références à consulter.
Vos allocations prennent fin ? Consultez notre guide Fin des allocations de chômage : démarches et aides à demander pour préparer vos contacts avec le CPAS et la mutualité, vérifier les recours et télécharger la fiche pratique.
Réforme du chômage : ce qui change en 2026
La loi-programme du 18 juillet 2025, publiée au Moniteur belge le 29 juillet 2025, a profondément modifié l’assurance chômage. La nouvelle réglementation s’applique depuis le 1er mars 2026 aux nouvelles admissions. Une transition distincte concerne les personnes qui percevaient déjà des allocations de chômage en juin 2025. Le régime n’est donc pas identique pour tout le monde.
- Chômage complet après un travail : le droit est désormais limité dans le temps, avec un maximum général de 24 mois pour les nouvelles admissions : 12 mois de base, plus une éventuelle période supplémentaire déterminée en fonction du passé professionnel.
- Allocations d’insertion après des études : le régime entré en vigueur le 1er mars 2026 prévoit une durée maximale d’un an, sous réserve des conditions et règles transitoires prévues.
- Personnes déjà indemnisées avant le 1er mars 2026 : la date de fin éventuelle varie selon la situation et la vague de transition applicable. Elle n’est pas forcément le 1er mars 2026.
Ces catégories ne se confondent pas. Les allocations de chômage complet font suite à une activité professionnelle répondant aux conditions d’accès. Les allocations d’insertion relèvent d’un régime distinct, lié aux études et à l’insertion professionnelle. Pour connaître votre feuille d’information, partez de votre situation réelle et consultez la page de réforme de l’ONEM.
Vous demandez des allocations après le 28 février 2026
Pour les nouvelles admissions au chômage complet à partir du 1er mars 2026, l’ONEM décrit une période de base de 12 mois, à laquelle peuvent s’ajouter jusqu’à 12 mois supplémentaires selon le passé professionnel. Le maximum théorique est donc de 24 mois. Cela ne signifie pas que chaque personne reçoit automatiquement 24 mois : la durée exacte dépend du dossier et des règles de calcul applicables.
La réforme modifie également l’accès aux allocations. Les conditions de travail et de période de référence ont changé. Après une interruption, le régime applicable peut aussi dépendre de sa durée et du fait que les conditions d’ouverture d’un nouveau droit soient remplies. La feuille-info T202 de l’ONEM détaille la durée et ses exceptions ; la feuille-info T200 traite l’accès après une occupation.
Vous étiez déjà indemnisé avant le 1er mars 2026
La transition a commencé le 1er juillet 2025 et s’étale par vagues. Pour établir la situation, l’ONEM tient notamment compte de la période d’indemnisation, du passé professionnel, de la durée de chômage et de certaines catégories particulières. Les dates annoncées par vague ne remplacent pas le calcul individuel. L’ONEM indique que les personnes concernées reçoivent une lettre d’avertissement, par courrier et/ou via leur eBox selon la vague.
La feuille-info T33 de l’ONEM, mise à jour le 24 septembre 2026, expose les règles transitoires et les catégories qui peuvent être exclues de la limitation ou bénéficier d’un régime particulier. Elle couvre notamment des situations spécifiques liées à l’âge et au passé professionnel, au régime de chômage avec complément d’entreprise, au travail des arts, à certains ports ou à des ateliers protégés. Ces exceptions sont encadrées : ne supposez pas que l’une d’elles s’applique sans vérifier ses conditions détaillées.
Ce que l’arrêt de la Cour constitutionnelle change
Le 10 septembre 2026, la Cour constitutionnelle a rendu l’arrêt n° 96/2026. Elle a annulé une partie ciblée du régime transitoire : pour certains travailleurs visés par les points 4° à 6° de l’article 212, § 1er, la transition ne peut pas prévoir une durée d’allocations inférieure aux 12 mois qui constituent la règle générale du nouveau régime. La Cour a rejeté les recours pour le surplus. L’arrêt n’annule donc pas l’ensemble de la réforme.
La portée pratique doit être examinée pour chaque dossier. Au lendemain de l’arrêt, la CAPAC indiquait que l’ONEM et les organismes de paiement analysaient les dossiers potentiellement concernés et qu’ils recontacteraient les personnes si une adaptation était nécessaire. Vérifiez les informations les plus récentes auprès de votre organisme de paiement et consultez le texte de l’arrêt officiel 96/2026 ainsi que le communiqué de la CAPAC du 11 septembre 2026.
Réforme du chômage : quelles démarches entreprendre ?
- Retrouvez votre notification. Vérifiez votre eBox et les courriers reçus. Notez la date de fin de droit annoncée, la catégorie et la feuille-info mentionnée.
- Identifiez votre régime. S’agit-il du chômage complet après une occupation, d’allocations d’insertion après des études, ou d’une période de transition ? Les règles et formulaires ne sont pas les mêmes.
- Rassemblez les pièces utiles. Gardez les décisions ONEM, périodes d’emploi, attestations, preuves de formation et tout document relatif à une exception possible.
- Demandez une vérification à votre organisme de paiement. Contactez la CAPAC si vous êtes affilié à la caisse publique, ou votre syndicat si celui-ci gère le paiement. Demandez quelle règle s’applique à votre dossier et quelle décision écrite fait foi.
- Restez inscrit et disponible selon les obligations qui vous concernent. Le Forem peut vous informer sur l’inscription, l’accompagnement, les formations et les dispenses. Pour une formation, vérifiez les conditions avant de commencer.
Si vous n’êtes pas d’accord avec une décision, lisez les voies et délais de recours indiqués dans celle-ci et demandez rapidement conseil à un service juridique ou social. Les délais peuvent être courts ; cet article ne permet pas de calculer votre délai ni de remplacer un examen de votre dossier.
En Wallonie : emploi, formation et accompagnement
Le Forem informe les chercheurs d’emploi sur leur inscription et les services disponibles en Wallonie. Les formations et dispenses liées aux allocations sont soumises à des conditions spécifiques. La réforme peut modifier les conséquences d’une formation selon votre régime et sa date de début : consultez la page du Forem dédiée à la réforme du chômage et aux dispenses de disponibilité et faites confirmer votre cas avant de vous engager.
La fin ou la réduction d’allocations ne donne pas automatiquement droit au revenu d’intégration sociale (RIS). Le CPAS examine la demande au regard des conditions légales, des ressources, de la situation familiale et des autres critères. Si vos revenus risquent de diminuer, prenez contact avec le CPAS de votre commune pour demander une évaluation ; l’information officielle sur les conditions du droit à l’intégration sociale rappelle ces conditions.
Documents utiles à consulter
- ONEM — page générale sur la réforme : calendrier, feuilles-info et conséquences de l’arrêt de la Cour.
- ONEM — feuille-info T33 : transition pour les personnes déjà indemnisées avant le 1er mars 2026.
- ONEM — feuille-info T202 : limitation dans le temps pour les nouvelles demandes de chômage complet.
- Cour constitutionnelle — arrêt 96/2026 : décision officielle du 10 septembre 2026.
- CAPAC — conséquences de l’arrêt : information publiée le 11 septembre 2026.
- Le Forem — dispenses et formations : informations destinées aux chercheurs d’emploi en Wallonie.
Questions fréquentes sur la réforme du chômage
Tout le monde perd-il ses allocations après deux ans ?
Non. Le maximum de 24 mois concerne la règle générale des nouvelles admissions au chômage complet à partir du 1er mars 2026, avec une période supplémentaire liée au passé professionnel. Les bénéficiaires antérieurs relèvent de la transition et des exceptions définies par la loi. Il faut vérifier la règle personnelle dans la feuille-info et la notification de l’ONEM.
La réforme s’applique-t-elle aux allocations d’insertion ?
Oui, mais dans un cadre distinct. Le régime des allocations d’insertion après études est lui aussi limité dans le temps et possède ses propres conditions et mesures transitoires. Consultez la feuille-info T199 pour les nouvelles admissions et T27 pour certaines situations transitoires.
L’arrêt de la Cour constitutionnelle a-t-il annulé la réforme ?
Non. L’arrêt 96/2026 annule une partie limitée des règles transitoires dans certaines situations où la durée accordée pouvait être inférieure à la période générale de 12 mois. Le reste des recours a été rejeté. La conséquence dans un dossier concret doit être vérifiée.
Perd-on automatiquement ses allocations si l’on suit une formation ?
La réponse dépend de la formation, de votre statut, de la date de début et d’une éventuelle dispense. Faites confirmer les conditions par le Forem et votre organisme de paiement avant de commencer.
La fin du chômage ouvre-t-elle automatiquement le droit au RIS ?
Non. Le CPAS doit examiner les conditions légales et les ressources du ménage. Contactez le CPAS de votre commune pour une analyse individuelle.
Sources officielles et date de vérification
Les règles et dates présentées ci-dessus ont été vérifiées à partir des publications de l’ONEM, de la Cour constitutionnelle, de la CAPAC, du Forem et du SPP Intégration sociale. Les pages officielles peuvent être mises à jour ; consultez leur dernière version avant toute démarche.
Vérifié le 11 octobre 2026. Ce dossier présente des repères généraux sur une réglementation en évolution. Il ne remplace ni la notification officielle ni l’examen de votre situation par l’ONEM, votre organisme de paiement, le Forem ou le CPAS.
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